Même si le loup est considéré comme un animal mythique de second plan chez les celtes, on peut tout de même en analyser son interprétation au vu des quelques monnaies que l’ on a retrouvées et ou il est représenté sous sa forme la plus agressive ! C’ est d’ ailleurs sous cette seule forme de l’ archéologie monétaire que l’ on connaît l’ importance que donnaient les celtes à cet animal !
Le loup, adversaire familier depuis la nuit des temps du cheptel, des volailles, des chiens et même des hommes, est l'ennemi traditionnel dans les pays tempérés d'Europe de l’ Antiquité. Parallèlement, le sanglier, quoique agressif en forêt et dans les champs, était le gibier le plus important et faisait l'objet d'une chasse assidue et tout aussi périlleuse. Le carnassier comme le pachyderme sont souvent représenté sur les monnaies gauloises. Par ailleurs, dans un contexte différent, l'image du loup est aussi un symbole mythologique et quasi-métaphysique : à Rome, le loup était l'animal du dieu Mars, étroitement lié aux traditions religieuses.
Le loup sur les monnaies celtes est parfois représenté dans des proportions gigantesques qui le rendent assez fort pour pouvoir s’attaquer aux astres du jour et de la nuit
Or, cette légende existe pour l'essentiel aussi chez les anciens Cermains, qui croyaient en un cataclysme qui provoquerait la fin du monde et serait suivi par sa résurrection : la vie est détruite dans tout l'univers par un loup monstrueux qui dévore le soleil et la lune, anéantissant ainsi toute source de lumière, de chaleur, donc de végétation, de vie animale et humaine. Après cela, dans un délai indéterminé, les plantes renaissent, les eaux ressurgissent, les champs reverdissent, la vie reprend. Pour l'essentiel, il y a une correspondance évidente entre la légende germanique et son illustration celtique.
Sur cette monnaie en or, le loup dévore le soleil qui est représenté par une roue à 4 rayons, accompagné par un croissant de lune !

Ici un loup bondissant sortant de la forêt :

Ici, un cheval anormalement maigre, les antérieurs levés, un gros collier de boules autour du cou, porte sur son dos un grand loup assis, à très grosse tête, la gueule ouverte, les oreilles dressées, la langue pendante.
Sous le cheval se trouve un gros triskel, composé de trois grandes feuilles tournant vers la gauche.
Le sujet est mythique. Le triskel est un symbole de rapidité, d'encouragement à la victoire, de mouvement perpétuel. C'est donc un talisman porte-bonheur pour le cheval, et peut-étre également pour son propriétaire. Quant au loup, son importance est évidente : la position qu'il occupe appartient au domaine de la légende. La stylisation frôle ici la caricature, chère aux Gaulois.

Source : Monnaies gauloises et mythes celtiques – P M Duval