Je vais essayer d’ illustrer ce post en vous parlant de l’ aspect physique du cheval celtique même s’ il est difficile de dire s’ il existait une race vraiment spécifique aux chevaux de selle utilisés alors par les différents peuples assimilés à l’ époque aux celtes ! Tout juste peut-on affirmer que l' analyse archéologique des restes de chevaux gaulois a souvent montré qu'il s' agissait de chevaux nettement plus petits que les chevaux romains.
Les croisements de races ont du être ensuite trés nombreux parmi les chevaux des celtes subsistants à l’ époque médiévale !
Voici une représentation du rapport moyen entre le petit cheval gaulois et le grand cheval romain :

Une gravure du XVIe siècle représentant un cheval gaulois :

Une représentation un peu fantaisiste sur un tableau du XIXe siècle de l’ arrivée en vue de Rome de l’ invasion celtique vers 390 avant J-C :

La cavalerie celte à la parade ( détail du chaudron de Gundestrup ; Danemark - IIe siècle avant J-C ) :

Le cheval était surtout utilisé pour la monte, le bât, et la traction des charrettes mais pas pour le labour ! Il était également source de matières premières : sa peau et ses os (pour la tabletterie). Animal de boucherie à l'époque gauloise, sa viande n' était pas prisée pendant le Haut Empire. Au Bas Empire (IV-Vème siècles), sa chair sera de nouveau consommée.
La mule, croisement de l’ âne et de la jument était faiblement utilisée en Gaule, elle était néanmoins plus fréquente que l'âne.
Il paraît probable que c’ est en Asie Centrale que furent inventés, plusieurs siècles avant J-C, la selle et les étriers, les éperons, ainsi que le mors, un genre de frein nécessaire pour mener le cheval monté et régler ses allures, une innovation décisive qui permettait la charge guerrière. Ce n’est que beaucoup plus tard que ces inventions furent progressivement, via Byzance, introduites en Occident.
En bons cavaliers, les Gaulois avaient conçu la selle gauloise au moins cent ans avant César. Elle consistait en un arçon en bois, avec quatres cornes renforcées de bronze, le tout revêtu de cuir. Il n' y avait pas d' étriers. Le cavalier se maintenait solidement en selle par l'usage des quatre cornes, bloquant ses jambes pendant les différentes manoeuvres.
Une large lanière de cuir enserrait la poitrine du cheval et une autre sa croupe, maintenant la selle en bonne position. Pour l'esthétique, des phalères et autres décorations étaient accrochées aux lanières. Le dos du cheval était protégé du frottement par une peau sous un grand et épais tapis de selle.
La selle permettait de transporter, accrochés aux cornes et à des lanières en cuir, des équipements divers.
La bride était d'un type proche de notre moderne bridon simple et était également agrémentée de petites phalères.
Le fer à cheval clouté est partout totalement inconnu au cours de l’Antiquité !
On ne connaît des romains, pour une fragile protection des pieds des chevaux que l’ hypposandale. Il s’agit d’une semelle de fer glissée sous le sabot et lacée par des oeillets à l’arrière et sur les bords. Elles seront surtout abondantes à l’ époque gallo-romaine en France, en Belgique, en Allemagne et en Suisse.
L’apparition du fer à cheval ne sera que beaucoup plus tardive, les premières traces connues datant du IXe siècle !
Voici 2 images que j’ ai récupérée sur le site de la troupe des « Ambiani » (
http://www.ambiani.celtique.org/ ) et qui nous montre bien la reconstitution d’ une selle gauloise :


Pour finir et pour faire honneur aux dames et demoiselles majoritaires sur ce forum, voici 2 monnaies gauloises en or ou le cheval est dirigé par une femme !
Une monnaie de la tribu des Turones provenant de la Loire moyenne ( femme aurige sur un char symbolique, tenant les rênes d’ un cheval ) :

Une monnaie de la tribu des Redones provenant de la région de Rennes :
