Locronanje tenais à vous présenter une jolie petite ville située non loin de Quimper (Finistère), devenue assez touristique de nos jours, mais toujours superbe et pleine d'histoires (et de bouquins!!!)
Un peu d'histoire...Au temps des CeltesA partir du 5ème s.av.JC, les Celtes, à la découverte des territoires inconnus où le soleil se couche, parviennent jusqu'a ces rivages où il leur semble être arrivés au bout du monde.
C'est dans ce lieu grandiose, face à l'immensité de l'océan, entre deux "montagnes", que les Celtes vont créer un "nemeton", temple sous la voûte du ciel.

Le Nemeton : espace sacré
Si un certain nombre de villes ont gardé la trace de l'existence d'un nemeton dans les temps anciens, tel Nanterre (anciennement "Nemetodunum"), le nemeton de Locronan est le seul en Europe à être parvenu jusqu'à nous, toujours inscrit dans le paysage.
Le Nemeton de Locronan est un grand quadrilatère d'une douzaine de km. de périmètre, comportant douze points remarquables, représentant les douze mois de l'année celtique. La fonction sacrée du nemeton était la représentation sur terre du parcours des astres dans le ciel : il décrivait dans l'espace les douze mois de l'année en même temps que chacun de ces mois était consacré à une divinité du panthéon celtique.
C'est au travers de la Troménie chrétienne contemporaine que nous pénétrons au coeur de ce rituel ancien. En effet, les habitants de Locronan parcourent tous les six ans, à travers la lande, le chemin sacré jalonné de douze stations situées à l'endroit exact des douze mois de l'année celtique.

Autres fêtes d'origine celtique célébrée à Locronan
Le pain des mortsLe premier jour de novembre était le début de l'année celtique, grande fête de Samonios, nuit de communication entre le monde des morts et celui des vivants, l'occasion d'un grand festin auquel étaient conviés les morts.
A Locronan, l'on continue, depuis un temps immémorial, à distribuer à cette date le pain des morts.Cette distribution est confiée aux fabriciens de l'année qui vont le porter de maison en maison.
L'arbre de maiLe premier mai, début de la saison chaude dans le calendrier celtique, est la grande fête du feu, la fête de Belenos. A Locronan, le premier mai, est planté au milieu de la place un hêtre, arbre sacré des Gaulois, symbole du renouveau de la nature, qui sera immolé par le feu au solstice d'été à la fin juin.

Ar Gazeg vaen - la Jument de pierre ou la Cavale Blanche
Grand bloc de pierre sur le parcours de la Troménie, présenté comme "la chaise de Ronan", et sur lequel, encore aujourd'hui, les femmes s'assoient pour s'assurer d'une maternité, attribuant un résultat bénéfique à l'intercession de saint Ronan. Les textes anciens présentent cette pierre comme le reste de trois blocs d'égale grandeur, les deux autres ayant été débités pour fournir des matériaux de construction. Il est remarquable que le bloc auquel personne n'ait osé toucher est le plus intéressant des trois,celui que les photographies aériennes présentent comme l'extrémité d'un phallus géant qui devait dominer Locronan d'une quinzaine de mètres à l'époque néolithique. C'est ce culte de la fécondité que les Celtes ont découvert en parvenant dans cette région,et qu'ils ont assimilé, l'intégrant à leurs propres croyances, avant que la religion chrétienne ne le fasse sien à son tour.
Au temps de Saint RonanRonan est à l'origine du nom de la cité
"Locus Ronani" qui signifie lieu sacré de Ronan

Saint Ronan
Ronan est un évêque irlandais en charge, à Rome, de la détermination de la date de Pâques pour les années suivantes : rôle très important, quand on sait tout ce qui tournait, à cette époque, autour de la plus grande fête religieuse de la chrétienté, entre autres, la détermination de la date des grandes foires.
Venu à Tours pour la tenue d'un concile, il poursuit son voyage jusqu'à ce nemeton du bout du monde qui faisait tâche dans la Bretagne chrétienne. En effet, lorsque Ronan arrive dans la forêt de Nevet, sans doute vers le 7ème siècle, ce lieu est encore sous influence druidique. Le nemeton est toujours là, avec son panthéon de divinités liées au culte de la nature.
Toute la région était évangélisée, les communautés chrétiennes, en provenance de Cornouaille ou du Pays de Galles, s'étaient installées tout autour de ce nemeton (Plogonnec, Ploeven, Plomodiern...) sans pouvoir y faire pénétrer la nouvelle religion. Le grand monastère de Landévennec brillait de tout son éclat.
Ronan arrive donc dans cette forêt sacrée et décide d'y construire son ermitage. Il se heurte immédiatement à la Kebenn, que la légende sacrée nous présente comme l'épouse de son premier disciple, jalouse de l'influence de Ronan sur ce dernier.
Mais peut-être était-elle plutôt la dernière "grande druidesse du nemeton"?.
Elle le traîne devant le Roi Gradlon, grand monarque de Cornouaille, dont la capitale était "Ys, la belle", plus tard engloutie par les flots en punition divine de la dépravation de sa fille Dahut.
Mais Ronan saura convaincre Gradlon,et il pourra continuer son oeuvre. Au lieu de tenter de détruire le nemeton, il en fera une terre sacrée, où saints et saintes remplaceront les divinités celtiques : Ana deviendra Anne et Ronan lui-même prendra la place de Lug.
Sa mission accomplie, il se retirera à Hillion, dans les Côtes d'Armor, où bourgs et chapelles ont conservé son souvenir.
Il faudra attendre le 9ème siècle pour qu'au retour de ses reliques son culte prenne des proportions si importantes que les Ducs de Bretagne y viendront eux-mêmes en pèlerinage.

Le palais carolingien
Au pied de la montagne de Locronan, des fouilles récentes, menées par le CNRS, ont mis à jour les ruines d'un site palatial, d'époque carolingienne. Etant donné la dimension du site et la nature des découvertes, il paraît évident que les prochaines fouilles nous révéleront des moments importants de ce haut-Moyen-Age , encore si mystérieux.
Au temps des Ducs
11ème siècle - Le prieuré
Alain Canhiart, Comte de Cornouaille, sera à l'origine de la cité d'aujourd'hui. Ce sera lui, qui, en 1031, confiera les terres de l' " immunité du saint " (l'ancien nemeton), qui englobent l'ermitage de Ronan, aux moines bénédictins de l'abbaye de Quimperlé qu'il vient de créer.
Peu après, s'élèvera une première église romane à l'emplacement de l'oratoire de Ronan.
13ème siècle - Pierre Mauclerc
L'endroit va prospérer du fait de l'afflux des pèlerins sur la tombe de Ronan, et de la protection des Ducs de Bretagne car la famille des comtes de Cornouaille a, entre temps, accédé à la tête du Duché.
Au début du 13ème s., Pierre Mauclerc , duc de Bretagne, transformera la petite communauté de moines, en véritable prieuré.
A la même époque, un chanoine du châpitre de la cathédrale de Quimper entreprend d'écrire l'hagiographie de Ronan.
Cette vie de saint Ronan est étudiée de très près actuellement, car le chanoine, dont le nom nous est resté inconnu, a puisé pour écrire cette vie miraculeuse dans des textes très anciens, et des traditions orales bien antérieures à la christianisation du nemeton, entre autres la possibilité de l'existence du quadrilatère sacré des traditions indo-européennes dans ce haut lieu celtique .
15ème siècle - L'église priorale
L'ancienne église romane devenue bien trop petite pour accueillir tous les pèlerins, la manufacture de toile à voiles s'étant développée, l'idée se fait jour de la construction d'une nouvelle église.
Commencés en 1420 sous le règne de Jean V, les travaux se poursuivront sous Arthur III (comte de Richemont et compagnon de Jeanne d'Arc) et seront terminés en 1477 sous le règne de François II (père d'Anne de Bretagne) qui l'aura voulu " en forme de cathédrale ".
Locronan du Bois (Lokournan Coat Nevet) s'enorgueillira ainsi d'une magnifique église gothique voûtée de pierre et dont le clocher culminera à près de 70 m.
Ce clocher sera trois fois abattu par la foudre : reconstruit à deux reprises
(en 1640 et en 1722), il n'en restera, après la troisième chute, en 1808, que la massive tour carrée qui, outre sa flèche, aura même perdu ses arc-boutants …
L'église sera dotée de grandes orgues installées en 1672 par le célèbre Thomas DALLAM.
16ème siècle - Anne de Bretagne
Anne de Bretagne, si chère au cœur des Bretons, vouait une dévotion toute particulière à saint Ronan. L'une de ses filles fut appelée Renée en hommage au saint à qui elle attribuait ses nombreuses maternités.
Anne de Bretagne tint à manifester d'une autre manière son profond attachement à saint Ronan en faisant édifier, contiguë à l'église priorale, la chapelle du Penity pour donner au tombeau du saint un écrin digne de lui.
Après la mort de son premier mari, Charles VIII, elle revint en Bretagne, et tint à visiter tout son duché.
C'est à cette occasion qu'elle accorda à Locronan le titre de ville.
17ème siècle - Les barons de Nevet
Les sires de Névet apparaissent au cours du 12ème s. pour s'affirmer à la fin du siècle. Au 17ème s., ils dominaient huit paroisses autour de Locronan. Leurs armes étaient " d'or au léopard orné de gueules ", et leur devise : "PERAG" (en français : "Pourquoi?") Elles sont visibles, en bas et à droite, sur la maîtresse vitre de l'église de Locronan.
18ème siècle - La cité de granit
Le développement de la Manufacture de toile à voiles ainsi que les nombreuses exemptions d'impôts accordées par les Ducs à chacune de leurs visites à Locronan contribuèrent au développement de la cité et à l'enrichissement des négociants.
Aussi, à partir du 17ème s., la ville s'orna-t-elle de magnifiques demeures, formant un cadre idéal à l'église priorale, et témoignant de la richesse de la cité : négociants, officiers du Roy, Compagnie des Indes, notaires …, tous rivalisèrent, nous laissant un magnifique témoignage de l'architecture de la Renaissance bretonne.
De nombreux artisans s'installeront à Locronan : la gamme habituelle des métiers indispensables à toute collectivité, mais de façon typique, un lamier (fabricant des cadres métalliques des métiers à tisser) et des métiers d'art : peintres, doreurs et vitriers …et un " maistre tailleur de pierres et architecteur de bastiments ".
La rue Moal et la rue saint Maurice seront les rues des tisserands et des artisans. Dans la rue Moal, le quartier le plus animé de Locronan car le quartier des tisserands se trouvait l'hôpital Saint Eutrope près de la chapelle du même nom, dont il ne reste que des ruines. Au bas de la rue, se dresse toujours une autre chapelle dédiée à N.D. de Bonne Nouvelle (15ème - 17ème s.), près d'une fontaine monumentale portant l'inscription " I.CONAN.MARCHAND DE TOILE L AN 1698 "
Locronan aujourd'huiLe visiteur qui découvre Locronan pour la première fois tombe sous le charme de cette vieille cité. Maintes fois célébrée par les écrivains, de A.Chateaubriant à Pierre Jakes Hélias, maintes fois l'objet de tableaux, de Yves Tanguy à Maxime Maufra, objet de combien de reportages, de décor de films, de Tess de Roman Polanski, à Chouans de Philippe de Broca, Locronan continue d'accueillir avec la même courtoisie les centaines de milliers de visiteurs, qui, chaque année, viennent rechercher dans ses murs une page de ce passé que nous portons tous en nous.

Quelques données
Locronan est une petite commune de 800 habitants dont l'activité principale est le Tourisme. Classée au titre des Monuments Historiques depuis 1924, Locronan fait partie de l'association des "Plus beaux Villages de France" et est labellisée "Petite Cité de Caractère de Bretagne".
La cité accueille tous les ans entre 600 000 et 800 000 visiteurs.

Quelques visiteurs célèbres
Grâce à l'initiative de Jacques PRE, un hôtel des Touristes s'installe sur la place de l'église dès les premières années du siècle, auquel succédera l'Auberge saint Ronan. Il verra défiler Georges Clemenceau en 1918, Georges Bidault en 1952, puis Pierre Mendès-France. Georges Pompidou y fait de fréquentes apparitions, Marcel Cachin... et bien d'autres tels que Anatole France, L.F.Céline, Alphonse de Chateaubriant... Le roi d'Afghanistan passera trois mois dans la famille Daniélou en 1935.


source :
http://www.locronan.org/index-2.htmlPatrimoine et sitesAu croisement de deux anciennes voies romaines et classée monument historique, la grande place est le cœur de Locronan. Autour de l'église, le superbe alignement de 14 maisons aux façades de granit compose un ensemble architectural unique en Bretagne. Ces demeures XVIIe et XVIIIe témoignent de la richesse des notables et des marchands de toile qui les firent édifier (Bureau des Toiles, Hôtel de la Compagnie des Indes...). Le puits communal était autrefois la seule source d'eau potable de la cité.
224* L'église priorale Saint Ronan. Elle fut édifiée "en forme de cathédrale" sur la grande place entre 1425 et 1480 grâce aux donations des Ducs de Bretagne. Sa flèche, foudroyée par trois fois, fut définitivement démolie en 1808. A visiter absolument pour sa chaire, ses retables et ses vitraux. La légende de Ronan raconte les démêlés du saint avec la Keben.
224* Le Penity. Cette chapelle attenante à l'église, renferme le tombeau de St Ronan. Le saint y est représenté couché sur une dalle de pierre de Kersanton soutenue par 6 anges porteurs de blasons. Le gisant du saint bénit de la main droite et enfonce de la main gauche sa crosse dans la gueule d'un monstre.
224* La rue Moal est l'ancienne rue des Tisserands. Sur la droite se trouvait un petit hôpital démoli en 1862.
224* Notre Dame de Bonne Nouvelle (XVe). A 200m, en descendant la rue Moal, autrefois la plus animée du bourg. La chapelle possède des vitraux modernes d'Alfred Manessier. A proximité, une fontaine votive offerte par Conan (marchand toilier) en 1698 et dédiée à St Eutrope jouxte un lavoir.
224* Le Camp des Salles. Il s'agit d'un retranchement terroyé carolingien à 500m du bourg. Ce camp était probablement la résidence d'un haut personnage au IXe - X e siècle, peut-être Gradlon.
source :
http://www.inet-bretagne.fr/com/locronan/_________________
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